Ankara. Photo: flickr/Mrmya
Ankara. Photo: flickr/Mrmya

Le débat européen sur la Turquie

Le sentiment selon lequel le processus d'adhésion de la Turquie à l'UE risque d'échouer de manière imminente, largement partagé parmi les observateurs, est présent depuis le tout début de ce processus. Toutefois, contrairement à ce qu'en dit la sagesse populaire, le risque d'un « déraillement » des négociations d'adhésion est minime. La raison de cela est à la fois manifeste et rassurante : il n'est ni dans l'intérêt de la Turquie, ni dans celui de l'UE, de faire dérailler le train de l'adhésion.

Nous prédisons que même dans dix ans, le processus d'adhésion sera toujours en marche, à moins que la Turquie n'ait rejoint l'UE d'ici-là. Au jour d'aujourd'hui, la relation entre la Turquie et l'UE ressemble en effet à un mariage catholique : le divorce n'est envisageable pour aucune des deux parties. La seule question pertinente est alors de savoir si le couple sera ou non heureux, et la seule forme de partenariat spécial acceptable aux yeux de la Turquie et de la grande majorité des États membres de l'UE est celui qui les lie à l'heure actuelle : un processus d'adhésion ouvert.

Dans le domaine de l'abrogation éventuelle du régime des visas, l'UE a par contre fait preuve de discrimination à l'égard de la Turquie. Dès lors, une manière simple de montrer que la conditionnalité de l'UE vis-à-vis de la Turquie demeure « stricte, mais équitable » s'impose : offrir à Ankara une feuille de route en matière de visas similaire à celles qui ont été données aux pays des Balkans occidentaux. Une fois que les conditions fixées par la feuille de route seront remplies, les citoyens turcs devraient pouvoir voyager au sein de l'UE sans visa. L'exemption de visa est un droit dont bénéficient les citoyens d'Europe centrale (depuis le début des années 1990), et la plupart des habitants des Balkans (depuis 2009). L'UE a déjà promis un tel régime à la Turquie dans l'Accord d'Association de 1963. Une telle procédure crédible de libéralisation des visas fournirait une preuve tangible aux citoyens ordinaires que l'UE demeure engagée dans une perspective d'intégration future. Elle pourrait aussi s'avérer être un outil utile pour promouvoir la mise en œuvre de politiques antidiscriminatoires et encourager des améliorations supplémentaires de la situation des droits de l'Homme en Turquie. Ceci contribuerait également à faire baisser le nombre encore élevé de demandes d'asile accordées de nos jours à des citoyens turcs par des pays de l'UE. Un tel processus de réforme s'inscrirait dans une approche gagnant-gagnant, autant pour l´UE que pour la Turquie, et donnerait aussi un coup de fouet au processus d´adhésion.

Video: ECFR podcast on Europeanization. Copyright: 2011 ECFR. All rights reserved.
Gerald Knaus on Turkish foreign policy seen from Istanbul, February 2011 (audio).
Copyright: 2011 ECFR reports. All rights reserved.
                 
       
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